( Exclusif - Agence QMI - Michel Platt ) -
Gilles Blackburn est encore sous le choc après la mort tragique de son épouse Marie-Josée Fortin au centre de villégiature Kicking Horse Mountain resort en Colombie-Britannique.
Ça ne se reproduira plus. En boitant dans sa maison à Montréal, les pieds brûlés par des gelures et encore sous le choc du décès de sa femme, Gilles Blackburn a besoin de plus de temps pour guérir, pour réfléchir.
Il a accepté de partager un peu de son histoire afin de s'assurer qu'aucun autre appel à l'aide - comme le sien - ne passe plus jamais inaperçu.
«C'est quelque chose qui ne devrait jamais se reproduire», a-t-il déclaré de sa résidence dans l'arrondissement de LaSalle.
«Peu importe la raison, un S. O. S. devrait toujours être un S. O. S.»
M. Blackburn ajoute que c'est encore trop tôt. La mort de son épouse de 44 ans, Marie-Josée Fortin est trop récente pour donner beaucoup de détails.
Cependant, il y a un sujet dont l'homme de 51 ans a envie de discuter : il est en colère à propos des accusations selon lesquelles lui et sa femme devraient assumer la responsabilité pour l'opération de recherche bâclée parce que ce sont eux qui ont skié hors des sentiers battus.
Colère sourde
«Ce que j'ai fait était de ma faute le premier jour, le 15e, mais pas après ça, dit-il avec une force soudaine qui trahit sa colère.
«Mon erreur, c'était le 15e, mais pas le 17e ou le 21e. Après ça ce n'est plus de ma faute.»
Gilles Blackburn et son épouse Marie-Josée Fortin ont commis l'erreur en question le 15 février - ils avaient alors quitté les limites du centre de ski Kicking Horse Resort pour s'aventurer dans la forêt enneigée.
Ils n'étaient pas les premiers à enfreindre les règles; on retrouve apparemment beaucoup de traces de skis qui sortent des sentiers battus malgré les multiples avertissements.
La plupart reviennent sains et saufs, mais pas M. Blackburn et son épouse.
Selon la police, les deux skieurs qui se sont perdus dans une vallée derrière le centre de villégiature ont parcouru une trentaine de kilomètres en cherchant de l'aide.
Signaux de détresse
Au cours de leur mésaventure, ils ont laissé des signaux S. O. S. tracés dans la neige.
C'est un employé qui n'était pas en devoir qui a remarqué un de ces S. O. S. pour la première fois le 17 février; il a transmis l'information à son bureau avant de retourner skier.
Le centre de villégiature a fait une recherche pour savoir s'il y avait des clients absents ou des locations qui n'avaient pas été retournées, mais sans succès.
Ils ont aussitôt mis l'organisation Golden Search and Rescue au courant, mais il ne s'est rien produit parce que la police n'était pas impliquée dans l'affaire.
Le même employé en hélicoptère a remarqué d'autres signaux S. O. S. dans la neige quatre jours plus tard et il a rappelé ses patrons pour les mettre au courant.
Cette fois-ci, la GRC a décidé de s'impliquer, sauf qu'ils n'ont pas organisé de recherche parce que Golden Search and Rescue leur a dit que l'affaire était close et que rien ne portait à croire que les signaux S. O. S. étaient légitimes.
Deux jours trop tard
Enfin, le 23 février - deux jours après la mort de Mme Fortin par hypothermie - un hélicoptère a aperçu un autre S. O. S. dans la neige ainsi qu'un homme agitant les bras dans leur direction. Ça s'est avéré être M. Blackburn.
La GRC a déjà admis son erreur et elle a ouvert une enquête pour comprendre pourquoi les signaux S. O. S. n'ont pas suffi, mais certains individus préfèrent blâmer les randonneurs qui n'auraient pas dû s'aventurer ainsi dans la forêt.
Désormais veuf, M. Blackburn veut d'abord être avec sa famille tout en essayant de fonctionner avec des pieds en très mauvais état. "Je marche", dit-il.
Les médecins lui ont dit qu'il saurait dans trois semaines s'il allait perdre ses orteils brûlés par le froid ou pas. Or, une fois que ses affaires médicales et personnelles seront réglées, il va se concentrer sur ce qui s'est produit en Colombie-Britannique.
«Je commence par régler mes problèmes familiaux - et mes problèmes de pieds. Je trouverai les réponses à mes questions par la suite.»
Publié par : Marcel Charland
à 06:03:54
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